LES "BLACK PROGRAM": LE PROJET Z - COVERAGE

Publié le par Scaramouche

Un projet du FBI pour espionner le courrier des citoyens Américains.

Entre 1940 et 1966, le FBI a conduit huit programmes distincts d'ouverture du courrier, qui seront tous regroupés sous un projet global, portant le nom de "Z-Coverage", la "Couverture Z". Durant cette période, il n'y aura eu qu'une courte période de suspension, sur la vingt six ans que durera le programme.

Le projet et son procédé d'application avait été lancé au début des années quarante, initialement pour se protéger des espions et des agents infiltrés des forces de l'Axe (Allemagne, Italie et Japon). A partir des années cinquante, l'opération sera poursuivie, en s'appuyant sur une opération déjà existante, qui était le programme "Thalus". Ce dernier avait été mis en place pour recueillir de nombreuses informations concernant le "renseignement étranger", pour se protéger des agents communistes et de leur influence sur le sol Américain. Tout cela sera mis en place par la "Espionnage Research Branch" du Siège du FBI et la "Espionnage Division" du bureau régional de New York. Le FBI avait obtenu l'autorisation, seulement pour le programme initié en 1940, pour la protection contre l'espionnage. Mais non pour les opérations qui continuèrent après-guerre (il y a aussi des différences significatives entre ce projet propre au FBI et ceux identiques que menaient aussi en parallèle la CIA, à la même époque).(1) 

En théorie, seulement les informations ayant un intérêt majeur pour le contre-espionnage devaient être retenues. Afin de réduire le volume de lettres à ouvrir et pour maximiser le rendement, des critères précis avaient été définis. En calquant les méthodes appliquée par la CIA (mais les opérations d'ouverture du courrier du FBI étaient beaucoup plus centralisées et mieux administrées que celles de la CIA) et en se basant sur les personnes et les organisations inscrites sur les liste de surveillance (établies en partie d'après des écoutes téléphoniques et des informations reçues par des informateurs du bureau). Afin de permettre aux agents du bureau d'obtenir des décisions (d'ouverture du courrier) plus motivées et qui ne pouvaient être contestées (dès que le courrier venait ou était destiné à quelqu'un figurant sur les listes, l'ouverture était alors systématique).

Les ouvertures effectives avaient toutes reçues l'approbation et le soutien du plus haut niveau du bureau fédéral (en fait, du directeur J. Hedgard Hoover lui-même). Les évaluations et les noms à surveiller étaient réévalués, modifiés ou supprimés annuellement (au contraire de la CIA, où il arrivait régulièrement que des courriers avaient tout de même été ouverts, malgré qu'il y avait eu une évaluation défavorable en interne).
Mais, paradoxalement, de par son rôle de bureau "fédéral" (donc, propre au territoire des Etats-Unis) le FBI interceptait et ouvrait aussi des courriers qui transitaient à l'intérieur du territoire Américain (des lettres des Américains entre eux). Alors que la CIA ne s'intéressait qu'à ceux transitant entre des pays étrangers et les Etats-Unis. Le FBI, malgré un contrôle plus étroit de ces opérations que la CIA, sera en fait beaucoup plus intrusive dans la vie privé des citoyens Américains que la CIA.(2)

De plus, le bureau (tout comme la CIA) n'avait pas l'accord du "Post Office Department", le service postal Américain, qui officiellement, n'avait pas été mis au courant. Seul quelques Inspecteurs en chef des postes seront mis dans la confidence, pour avoir leur coopération et faciliter le travail des agents (Cliford Gardner de la poste de Washington; Henry Montague et David Stephens de la poste de New York). Mais pas l'Attorney Général, le ministre de la justice (la principale autorité dont dépend le FBI) et encore moins du président des Etats-Unis (au contraire du programme qui avait eu lieu pendant la Seconde Guerre Mondiale).

Les officiels du bureau fédéral ne se sont pas trop préoccupés de l'illégalité de tels procédés (qui étaient bien-sûr en totale violation de la vie privée). Ils n'ont même pas cherchés à l'époque à inventer un prétexte ou une possible histoire pour couvrir ces programmes. Pour eux, étant donné qu'ils le faisaient "pour le bien et l'intérêt supérieur du pays", ils savaient en fait que c'était bien entendu illégal, mais ils s'en donnèrent le droit. De par leur position et du rôle dévolu au FBI, celui de protéger la population à l'intérieur des frontières du pays. 

 

La réalisation sur le terrain de "Z-Coverage".    

Le programme Z-Coverage repris lors des années cinquante et soixante, se trouvera divisé en sept opérations distinctes, qui étaient toutes gérées par la "Domestic Intelligence Division", du bureau régional auquel elles étaient rattachées. Elles ne devaient couvrir chacune au départ, qu'une grande ville du pays. Mais par la suite, l'opération s'étendra de plus en plus à d'autres villes. Chacune correspondra alors à une véritable zone géographique du territoire des Etats-Unis. Les différentes opérations (dénommée "Survey") étaient reparties comme suit:
 

Survey n°1.

Elle opéra sur six villes pendant des durées plus ou moins variables, entre 1959 et 1966. Elle s'intéressait en priorité aux courriers en provenance de certaines villes d'Europe et d'Asie. Elle était considérée par le bureau comme le programme qui pouvait avoir le plus de succès.

Elle commencera le 1er octobre 1959 par s'occuper du courrier à destination de la ville de New York. Les agents du bureau opéraient dans une pièce sécurisée située au "Idlewild Airport" (qui sera renommé plus tard "Kennedy Airport"), à l'intérieur de la "Airmail Facility", la zone postale. Ils interceptaient chaque semaine près de 425.000 lettres, adressées de divers points des Etats-Unis vers l'Europe. A partir de 1961, deux priorités leur fûrent assignées: Identifier les personnes qui correspondaient avec des espions connus en Europe; et identifier les personnes qui, aux Etats-Unis, envoyaient directement des courriers en Europe et qui pouvaient être des agents infiltrés. A partir d'août 1961, quatre grandes villes furent ajoutées à leur opération qui auront leur courrier surveillé pendant des durées variables: Boston (1 an), Los Angeles (13 mois), Seattle (17 mois) et Washington (sans limitation de durée). En avril 1962, il y aura la ville de Détroit, pour une courte période de quatre mois. Et à partir de mars 1963, "Survey n°1", s'occupera uniquement à plein temps, que des villes de New York et Washington. Et à partir de juin 1963, elle recevra la charge supplémentaire de traiter les courriers destinés aux pays du Sud Est Asiatique, pendant quelques mois. Elle cessera à la mi-1966.

 

Survey n°2.

Elle opéra dans la ville de New York, Détroit et San Francisco, pendant des durées plus ou moins variables, entre le 8 mars 1961 et mars 1962. Dans le but premier d'identifier et de localiser des agents infiltrés. Ensuite, il lui sera demandé l'inverse, d'identifier des agents situés à l'étranger. Et pour finir, d'intercepter des messages venant d'autres moyens de communications que le courrier. "Survey n°2", surveillait les zones postales n° 23,24 et 25 de New York, en utilisant la couverture "d'employé des postes". Le personnel des différents bureaux de poste avaient été informés des critères de sélection des zones du courrier à mettre de côté. Mais ils étaient tenus dans l'ignorance de la nature réelle de l'opération. Mais pour plus de sécurité, à partir de septembre 1961, ce seront des agents du bureau (toujours sous leur couverture "d'agents des services postaux") qui s'occuperont de récupérer eux-même les sacs de courriers, des zones ciblées. 

En octobre 1961, "Survey n°2" sera éttendue aux villes de Détroit (zone 31 et "Hamtramck Area") et de San Francisco (tout le courrier envoyé à New York et Washington). L'opération se fera par intermittence pour ces deux dernières villes en février 1962. En tout, ils ouvriront 2350 courriers. Le bilan pour "Survey n°2" sera estimé infructueux par le bureau et l'opération sera arrêtée le 9 mars 1962. 

 

Survey n°3.

Elle sera conduite dans la ville de New York, de juin 1963 à juin 1964. Avec en priorité comme objectif, repérer les employés des Ambassades et des Consulats, soupçonnés ou reconnus être des espions. Et qui se livraient à des activités d'espionnage, sous le couvert de leur "immunité diplomatique".

A partir du 25 juin 1963, cette surveillance sera dévolue à d'autres agents du bureau, et aussi sous une autre couverture (la couverture "d'agents des postes" ayant été estimée insuffisamment sûr, pour espionner des membres du "corps diplomatique"). L'année qui suivie, un unique agent opérait au "Grand Central Post Office", où arrivait le courrier dans les boites postales diplomatiques. A peu près 200 courriers par jours étaient examinés, en fonction d'une liste de trente noms de diplomates officiels. Sur ces deux cent, seulement cinq ou six par jour étaient ouverts, dont les copies parviendront au bureau. "Survey n°3" sera considéré comme un succès par le bureau et cessera le 26 juin 1964.

 

Survey n°4.

Elle sera dévolue à la ville de Miami, entre janvier 1963 et janvier 1966. Principalement pour l'interception des courriers entre Miami et San Juan, Porto Rico et deux pays d'Amérique Latine. Toujours en se basant sur des communications écrites clandestines entre d'éventuels espions venant d'Amérique du sud, clairement identifiés ou non, et qui se seraient infiltrés aux Etats-Unis. le 21 décembre 1962, le bureau régional de Miami fût officiellement placé en charge de l'opération. A partir du 9 décembre 1963, la correspondance venant d'autres pays d'Amérique Latine sera aussi espionnée.

"Survey n°4" examinera entre douze et vingt mille courriers par jours. Dont 400 lettres seront ouvertes au total, dans une pièce sécurisée à l'intérieur du bureau de poste. Lorsqu'une écriture codée ou la présence de "micro-écriture de données" était suspectée, la lettre était envoyée au laboratoire du FBI à Washington, pour y subir un examen approfondie. Avant que la lettre ne reprenne sa place dans l'acheminement du courrier. 
"Survey n°4" sera considéré comme un succès par le bureau et cessera en juin 1966.

 

Survey n°5.

Elle sera la première des trois opérations pour l'ouverture du courrier à San Francisco, en rapport direct avec l'Asie et les sympathisants communistes. Elle commencera en septembre 1954 et continuera jusqu'en janvier 1966. Elle s'intéressait en priorité aux courriers étant "de troisième et quatrième classe", en provenance de l'Asie du Sud Est. A partir de août 1956, ce seront les courrier "de première classe", qui seront ouverts systématiquement (3). 

Les bureaux de la CIA de Hawaï et de la Nouvelle Orléans avaient eux-aussi leur propre programme d'ouverture du courrier (4). "Survey n°5" avait été initialement mis en place à Miami pour venir en soutien des programmes de la CIA (qui couvraient d'autres villes du sud des Etats-Unis).
Suite à une décision de la Cour Suprême (affaire Lamont contre le ministre des Postes des Etats-Unis, réf 381 U.S. 301, en 1965), qui invalidera le texte de loi, qui encadrait le pouvoir légal de l'autorité délivrée aux inspecteurs des postes, en vertu duquel ils pouvaient conduire des inspections du courrier, l'utilisation du bureau de poste de Miami pour l'interception du courrier se trouvera compromis. Alors "Survey n°5" reprendra ses activités, mais d'une annexe du bureau de poste ("Rincon Annex Poste Office") à partir du 7 juillet 1965 (comme cela, légalement, ils ne pouvaient pas être poursuivis, car ils n'agissaient pas en étant à l'intérieur du bureau de poste). 
"Survey n°5" sera stoppée le 24 juin 1966, "pour des raisons de sécurité impliquant un changement de local, pour le personnel des postes". Le nombre de courriers interceptés et de courriers ouverts par "Survey n°6", n'a pas pu être déterminé.

 

Survey n°6.

Elle opéra à San Francisco, entre janvier 1964 et janvier 1966. Elle interceptait les courriers qui sortaient des Etats-Unis pour les pays d'extrême-orient. Et devait s'interesser aux informations concernant les citoyens Américains résidants dans un pays d'Asie du Sud Est. Et aussi sur les personnes Asiatiques (surtout les scientifiques, les universitaires et les médecins), qui voudraient résider aux Etats-Unis, et ne pas retourner dans leur pays d'origine. Obtenir des informations sur les conditions de vie sociales et économiques dans ces pays. Et de recueillir des informations sur les individus d'origine Asiatique, vivant aux Etats-Unis, et pouvant avoir un intérêt pour le bureau pour la sécurité des Etats-Unis. 
L'opération se déroula par intermittence, pendant deux ans, avant d'être arrêtée "pour raison de sécurité", le 24 janvier 1966.

 

Survey n°7.

Elle sera conduite à San Francisco, de janvier à novembre 1961. Pour espionner les courriers entre l'Amérique du Nord est l'Asie, afin de trouver des renseignements sur les agissements des réseaux d'espionnage communistes. Elle constituera l'embryon de ce qui deviendra par la suite l'opération "Survey n°5". Elle était dirigée par le bureau régional de San Francisco.
Le 28 février 1961, le siège du FBI les informa qu'il était mis fin à cette opération, parce que "le bénéfice retiré par celle-ci, était bien inférieur aux moyens mis en place par le bureau. Ce dernier devant engager du personnel supplémentaire pour le laboratoire, pour pouvoir traduire les lettres interceptées". 
"Survey n°7" cessera donc le 21 novembre 1961, après avoir ouvert seulement 83 lettres.

 

Comment se passait l'ouverture et le traitement des courriers ?

L'élaboration de la procédure de l'ouverture du courrier s'était faite au début, en 1940, en lien avec le service postal Américain. Après la guerre et dans les années qui suivirent, ce dernier n'étant pas informé de la continuité de l'opération, le FBI procédera différemment.

Il y aura quelques variantes d'un programme à l'autre, mais le mode d'opération commun est celui-ci (en prenant pour exemple "Survey n°1"):

Le bureau de la zone de New York, disposait d'un local sécurisé au "U.S. Post Office Airmail Facility", à l'aéroport international de New York, à Idlewild. Il était continuellement fermée à clé et personne ne devait y pénétrer, que les agents y opéraient ou non. Les employés des postes n'avaient pas accès à cette endroit et la pièce ne leur été connue, que sous le terme de "la pièce des inspecteurs". 
Sept agents spéciaux étaient assignés à temps plein à "Survey n°1". L'équipe opérait sept jours par semaine et travaillait en continu, en se relayant par rotation, toutes les huit heures.
Les agents opéraient sous la couverture de "Inspecteurs des postes", et ils n'étaient connus par le personnel des bureaux de poste, que sous cette appellation. Et officiellement pour la poste, ces "inspecteurs des postes", étaient assignés à un "travail spécial", sans plus de précisions.
Par un arrangement préalable, les sacs de courriers qui intéressaient le FBI, n'étaient pas acheminés directement, mais ils étaient amenés en face de l'entrée du local sécurisé. Les agents se saisissaient des sacs postaux et les rentraient dans la pièce. Ouvraient les sacs et passaient en revue les enveloppes. 


Tous les courriers, même ceux qui ne figuraient pas sur les listes, étaient en fait examinés. La première chose était d'abord un examen extérieur des enveloppes, qu'il s'agisse ou non d'un courrier qui pouvait paraître "suspect" à première vue. Les courriers non retenus étaient directement retournés à la poste (en général, le temps perdu par une lettre par rapport à un acheminement normal, n'était que d'une heure).
Lorsqu'un agent repérait un courrier suspect, il retournait directement le courrier au bureau régional (donc ici, New York), où un autre agent, spécialisé dans la technique de l'ouverture du courrier, le réceptionnait, l'ouvrait et l'enveloppe ainsi que son contenu était photographié. L'ouverture du courrier était directement notifié par un courrier interne (le plus souvent un télex pour gagner du temps) pour demander une expertise par le laboratoire du FBI.
Après que le courrier avait été photographié, il était remis dans l'enveloppe, qui était refermée et retourné à l'aéroport, dans la pièce sécurisé, où se trouvait les agents qui dépouillaient le courrier. Qui rendaient le courrier à la poste, pour que le courrier reprenne au plus vite son parcours  normal, pour ne pas que le destinataire puisse se douter de quelque chose.

 

Les négatifs des photos prises du contenu des courriers, étaient archivés dans les bureaux régionaux de New York et Washington, pendant environ une année après interception des courriers. Ensuite ils étaient détruits.
Les renseignements contenus dans l
es photos développées, pouvant servir au contre-espionnage, étaient envoyées aux différents superviseurs des bureaux respectifs, que les informations pouvaient intéresser. Ils les centralisaient et les mettant dans un même dossier, classé "confidentiel", ou dans un dossier particulier déjà existant. Dans les dossiers, la source des informations était cachée et leur provenance n'était indiquée que par un simple symbole dactylographié ("informant symbol"). Cette façon de procéder était familière pour les opérations du bureau. Aucun index ou liste alphabétique de noms (avec ou non les adresses) ne récapitulait l'ensemble des courriers interceptés. Et seulement quelques rares lettres, qui avaient été jugées avoir "une valeur exceptionnelle pour le contre-espionnage" furent adressées avec leur photo dans leur intégralité, pour être exploitées sur pièce.
Seul la "Domestic Intelligence Division" avait connaissance des programmes d'ouverture du courrier. La "Criminal Division", par exemple, obtenait bien-sûr l'information s'il elle pouvait lui être utile pour une enquête, mais n'en connaissait pas la source.

 

Le procédé utilisé par le FBI pour ouvrir les enveloppes.

Le FBI ne faisait pas comme la CIA (qui utilisait la vapeur pour décoller et ouvrir, puis de la colle pour refermer). Le bureau avait sa propre façon de faire, avec une méthode beaucoup plus élaborée (mise au point par le laboratoire du FBI). Cela ne leur prenait que une ou deux secondes pour ouvrir une enveloppe ! (au lieu des cinq à cinquante secondes en moyenne pour la CIA). Ce procédé spécial est demeuré secret (5). 

Les huit programmes ouvriront au total beaucoup moins de courrier que les opérations de la CIA.

 

Parmi ce que "Z-Coverage" a permis de découvrir, ont peut citer entre autre:

- Deux agents à la solde des Soviétiques, Robert et Joy Ann Baltch;

- Un employé d'une agence de renseignements Américaine qui avait proposé des informations relatif aux systèmes d'armement à un gouvernement étranger, par le biais d'une lettre adressée à une Ambassade. Et qui mentionnait qu'il était prêt à faire défection (si ces renseignements étaient parvenus à l'étranger, le Departement de la Défense avait déclaré que les dommages que cela aurait engendré, auraient eu un coût estimé à dix millions de dollars);

- Un autre employé sur la côte Ouest, qui proposait des informations militaires tactiques à des pays étrangers contre la somme de soixante mille dollars.

 

La fin du Projet Z-Coverage.

Le programme aura continué sans interruption depuis sa création en 1940 jusqu'à la mi-1966. S'est ensuite posé la question de l'arrêt du programme d'ouverture du courrier, par les responsables du FBI. Le bilan du programme "Z-Coverage" et des opérations "Survey" (surtout les n° 1,4,5 et 6) seront considérés comme ayant eu un large apport "positif", dans la collecte de renseignements étrangers. Et sera décrite comme étant "l'arme la plus efficace de l'arsenal du contre-espionnage".

Le projet se termina en juillet 1966 sur ordre direct du directeur du FBI, J. Hedgar Hoover.

 

(1) Voir le projet "HT Lingual" et le projet "Sourdough", dans la cétégorie "Les programmes secrets".

(2) Surtout qu'une lettre à la commission d'enquête du Sénat révélera que le nombre énorme de lettres à dépouiller, et le délais à respecter pour ne pas réduire le temps d'acheminement du courrier, ne laissait pas toujours le temps aux agents de vérifier à chaque fois les noms avec les listes de surveillance.

(3) Ces différentes "classes" désignent en fait encore de nos jours, le niveau de rapidité d'acheminement du courrier, que l'on pourrait comparer en France avec le "tarif rapide" ou le "tarif lent", selon le poids, la taille des envois et le prix que l'on accepte de payer pour l'expédition).

(4) Voir "Les Black Program: Le Projet "Setter" et "Les Black Program: The Hawaiiann Project".

(5) Il était tellement au point, que le bureau organisera des sessions de formation, d'une journée ou deux au siège du FBI, pour que des agents de la CIA puisse l'apprendre. Ce qui contrastait avec la méthode de la CIA, qui malgré son style "rudimentaire", prenait en fait plusieurs semaines d'apprentissage, avant d'être vraiment opérationnel.

Source:
Rapport final du comité restreint pour l'étude des opérations gouvernementales sur le respect des activités du renseignement. Livre III: Rapports supplémentaires détaillés du personnel sur les activités de renseignement et des droits des Américains, rapport du Sénat des Etats-Unis n° 94-755, du 23 avril 1973 (sous l'authorisation de l'ordonnance de 14 avril 1976).