L'ETRANGE SANATORIUM DE WAVERLY HILLS

Publié le par Scaramouche

Au départ, c'était une simple école.

Situé à Louisville dans l'état du Kentucky, le sanatorium de Waverly Hills domine les hauteurs de la région de part son allure inquiétante et impressionnante. Aujourd'hui ce lieu est considéré comme un repaire de phénomènes inexpliqués en tous genres. Le sanatorium a été pendant de nombreuses années un hôpital accueillant les malades de la tuberculose.
 
Ces origines remontent à 1883, lorsque le major Thomas H. Hays fit l'acquisition d'un terrain situé au sommet d'une colline, où il installe sa demeure familiale. Afin de pourvoir à l'éducation de ses filles et pour pallier à la trop grande distance qui les sépares de l'établissement scolaire le plus proche, le major Hays décide de construire une école sur ce nouveau site. Il engage une institutrice, madame Lizzie Lee Harris, qui choisit de baptiser l’endroit, la "Waverley school" (Ecole Waverley). Thomas Hays conserve alors ce nom pour sa propriété qui devient alors "Waverley Hills", dénomination qui sera par la suite conservée lors du rachat du site par la ville au début du XXème siècle. 

Les risques de contagions décideront du lieu de l'hôpital. 

C'est en effet à cette époque qu'une épidémie de tuberculose se déclare en Europe et en Amérique du Nord. Afin d'être en mesure de traiter les premiers patients atteints de la maladie dans le Comté de Jefferson, un premier bâtiment pour un futur sanatorium voit le jour en 1911 après deux ans de travaux. Cette construction en bois répartie sur deux étages peut alors accueillir jusqu'à 50 patients (au stade initial de la maladie). La structure n'est composée que de quelques bâtiments administratifs, de quelques salles de traitements et d’une cuisine. Le sommet de la colline, éloigné des habitations les plus proches, offre un endroit parfaitement adapté pour ce nouvel hôpital afin de pouvoir limiter les risques de contagion. Mais la maladie gagnant du terrain, il devient urgent d'agrandir le site pour soigner les cas les plus avancés. De nouveaux travaux démarrent dès le milieu de l’année 1911 pour s’achever en décembre 1912. En attendant l'achèvement des nouveaux locaux, les patients sont logés dans des tentes provisoires. A cette nouvelle structure s'ajoute en 1916 un pavillon de 40 lits pour enfants, portant la capacité totale d'accueil à 130 malades.

Mais en raison du manque de place toujours plus important et de l'aspect rudimentaire des structures en bois, des travaux d'agrandissement démarrent. En octobre 1926, a lieu l'inauguration d'un sanatorium de cinq étages pouvant accueillir plus de 400 patients. 478 malades y seront recensés pour la seule année 1932. (Voyez la photo ci-dessous de la façade, avec l'entrée du bâtiment, à l'époque). On y trouve de nombreux tuberculeux habitant la région, puis plus tard quelques soldats de la Seconde Guerre Mondiale rapatriés du front pour cause d'infection.

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Des équipements modernes.
 

Faute de moyens médicamenteux efficaces pour lutter contre la tuberculose pulmonaire, le sanatorium est cependant à la pointe en matière d'équipements destinés à améliorer le confort des malades. En plus des salles de soins et d’examens, le sanatorium se compose entre autres de magasins, d'une boulangerie, d’un salon de coiffure et d’un cabinet de dentiste. Des bâtiments annexes se trouvent situés de part et d'autre du bâtiment principal. Des solariums ouverts situés dans les différents étages permettent aux patients de bénéficier en toute saison d'un accès à l’air pur et au soleil dans un cadre de forêts environnantes, conditions favorables au processus de guérison de la maladie. Des couvertures chauffantes et un traitement par héliothérapie à l'aide de lampes ultraviolets permettent d'offrir des soins similaires en cas de conditions climatiques défavorables.

Le sanatorium bénéficie par ailleurs de ses propres élevages et cultures dans le cadre d'un régime alimentaire très strict destiné à compléter le traitement de la maladie. Des activités d’ergothérapie sont également proposées aux patients. Certains objets réalisés par les malades eux-mêmes ont ainsi permis de récolter des fonds nécessaires au bon fonctionnement du sanatorium, ou pour aider à la recherche. Un accès à la radio est également proposé, ainsi que des promenades à cheval ou des projections de films. Toutes ces activités sont menées à bien grâce à un personnel médical qualifié, encadré jusqu'en 1931 par le Docteur Oscar O. Miller, alors directeur médical de l'établissement.
 

En même temps que le grand bâtiment principal, un tunnel est construit, reliant le sanatorium à l'extrémité de la colline sur laquelle il est situé. Enfoui à 160 mètres sous terre, ce tunnel surnommé le "death tunnel" (le "tunnel de la mort") avait été initialement mit en place pour permettre au personnel de traverser la montagne en toute sécurité et de ravitailler l'hôpital grâce à un système de chariots montés sur rails. C'est au plus fort de l'épidémie que le tunnel se verra attribuer une fonction plus funeste: celle de transporter les corps des défunts en toute discrétion d'un bout à l'autre du site où un corbillard les attend. Le procédé, n'avait pour seul but que de préserver les malades de la vue des victimes, pour les protéger de penser à la mort. Voici les photos de l'intérieur et de la sortie extérieure du tunnel:
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L'hôpital fonctionnera au maximum de sa capacité jusqu'en 1943, année où la tuberculose commence à perdre du terrain grâce aux progrès de la médecine. La présence d'un hôpital aussi grand ne se justifiant plus, une partie des patients est transférée à Hazelwood, un autre sanatorium de la région. Dès 1962, Waverly Hills devient un hôpital gériatrique qui fermera définitivement ses portes en 1981, suite à des rumeurs de mauvais traitements sur les patients.

 

Ce que devient l'hôpital, après sa fermeture.

Après la fermeture définitive du sanatorium, le bâtiment passe entre les mains de différents propriétaires ayant chacun leurs projets de reconversions pou le site. Il est alors question de transformer les vieux bâtiments en prison de haute sécurité, en appartements, ou en chapelle, théâtre et autres boutiques souvenirs. Le plus gros projet consiste en la construction de la plus grande statue du Christ au monde, en référence au modèle visible au sommet du mont Corcovado à Rio de Janeiro. Ces différents projets ont la plupart du temps avorté en raison d’un manque de moyens financiers.

En 2001, la propriété est vendue au couple Mattingly qui se lance alors dans un vaste chantier de rénovation. Car avec le temps et le vandalisme, le sanatorium est tombé dans un état d'abandon et de délabrement complet.  Cela nécessitant des importants travaux de restauration. Le plus gros de ces travaux a lieu dans l'aile nord du bâtiment qui a particulièrement souffert. Durant quatre ans, le chantier permet notamment de réduire les risques liés à l’amiante, de réparer la toiture, ou d’installer de nouvelles portes et fenêtres. Il convient aussi de nettoyer les nombreux débris et déchets qui jonchent le sol, et de déboiser la zone envahie par les arbres de la forêt environnante. Pour limiter les risques d’intrusion au sein de la propriété, un système de sécurité composé de caméras de surveillances et de gardiens est mis en place.

 

Le dernier projet élaboré fin 2008 voudrait transformer l'ancien sanatorium en un hôtel quatre étoiles. Le site est par ailleurs ouvert au public par le biais de visites guidées payantes organisées sur réservation. L'hôpital aujourd'hui (vue arrière du bâtiment):


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Sur la photo, vous pouvez voir au-dessus que la structure centrale du bâtiment, est surmontée de quatre gargouilles. Dont voici la photo de l'une d'elle ci-dessous. Et d'une autre, plus grande. (Il y en a plusieurs sur le site).


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(cliquez pour agrandir)


Derrière l'histoire officielle, ce qui s'y est réellement passé. 

On doit surtout la réputation de Waverly Hills aux rumeurs sur les faits étranges qui s’y seraient produits. Avec le temps, beaucoup de ces rumeurs ont étaient amplifiées, donnant lieu à toutes sortes d’histoires aussi diverses que fantaisistes. N'empêche, il s'y passé bien des choses peu recommandables.

La première précision a apporter concerne le nombre de décès au sein du sanatorium. Si l'on en croit les données historiques officielles de la bibliothèque de Louisville, les chiffres réels furent très augmentés par la rumeur, au fil des années. Bien qu'incomplètes, les archives mentionnant les chiffres, indiquent que l'hôpital aurait enregistré son plus fort taux de mortalité avec 162 décès pour la seule année 1945. Les chiffres indiquent par ailleurs une moyenne de 106 décès par an, ce qui, même en le comparant avec le nombre le plus élevé, permet de trouver une valeur approximative d'environ 5512 décès. S'étalant sur les 52 ans de fonctionnement du sanatorium. Ce nombre nous permet raisonnablement d'établir une fourchette située entre 6000 et 8000 morts. Les chiffres exacts sont encore inconnus, mais ils nous montrent un taux de mortalité très largement inférieur aux idées reçues.

 

Parmi les soins prodigués aux malades, certains étaient assez archaïque. C'est notamment le cas de pratiques chirurgicales telles que la "thoracoplastie" qui fût utilisée par le corps médical. Cette méthode consiste à donner plus de place aux poumons pour respirer, en sectionnant soit une partie, soit toutes les côtes de la cage thoracique. La thoracoplastie, bien que radicale par son aspect, était considérée à l'époque comme étant une méthode parfaitement normale, utilisée seulement en dernier recours quand aucun autre traitement ne se montrer efficace. 
Une intervention lourde pour les malades qui hélas bien souvent n'y survivaient pas (95% environ y laissaient la vie). Pour ceux qui y survivaient, ils n'étaient pas ménagé et le personnel médical n'était pas forcément, "aux petits soins" pour eux. Un des anciens malade du sanatorium, raconta à Philip Adrian Booth (le réalisateur du film "Death tunnel", qui interrogeait  les anciens malades encore en vie, pour en savoir plus), que suite à cette intervention, il se réveilla sur une civière, sur un balcon, sous une couche de neige, car c'était l'hiver. Après l'intervention, ils ne l'avaient même pas mit dans une chambre au chaud. Incroyable. 
 
Mais on parle de beaucoup d'autres interventions, qui n'avaient en fait aucune raison médicale. Comme celle qui consistait à pendre le corps d'un malade décédé, au-dessus d'une grille d'égoût et de lui ouvrir le ventre, afin de le vider de tous les liquides.

Des enquêteurs méticuleux, en se plongeant dans les comptes du sanatorium après sa fermeture, découvrir une chose assez cynique. C'est que lors de leur admission, il était facturé aux patients à leur arrivée, le prix de l'évacuation de leur corps et de leur cercueil. Alors qu'ils entraient-là pour y être soigné, l'administration de l'hôpital les considérés en fait comme des morts en sursis. 

On parle aussi d'une malade qui se serait pendu dans la cage d'escalier, et que le personnel aurait laissé accroché là, durant toute une journée. La laissant à la vue de tous les pensionnaires, au lieu de la décrocher tout de suite. 

Il est vrai que pendant la Seconde Guerre Mondiale, le gouvernement Américain ayant bien-sûr, un problème plus urgent à s'occuper, les inspections et la surveillance de ce qui ce passait au sanatorium étaient devenues quasiment nulles. Et c'est durant cette période, qu'il y a eu de nombreux faits, qui ne sont pas tous connus, mais qui sont parfaitement anormal. Il faut croire que le personnel se croyait tout permis. A cause de l'isolement? De la proximité avec les malades et de la notion de "mort" omniprésente? 

 


La salle 502.

Parmi les nombreuses histoires liées au sanatorium, celle de la salle 502 figure parmis les plus connues. Deux infirmières se seraient donné la mort dans cette salle, située au cinquième étage de l'établissement, et passeraient pour hanter les lieux. Les conditions réelles de ces prétendus décès se contredisent selon les différentes sources d'où elles proviennent, leur donnant une crédibilité incertaine, du fait de l'absence de documents officiels attestant les faits. Mais toujours est-il que de nombreuses personnes affirment avoir vues le fantôme d'une femme, dans cette salle. Et ce fantôme fût même prit en photo (comme vous pouvez le voir ci-dessous) il était visible de l'extérieur par la fenêtre. On distingue la silhouette d'une femme avec un chemisier blanc et une robe foncée.

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Les lieux abritent de nombreux fantômes. 
 

De nombreux autres témoins affirmèrent avoir été en contact avec des évènements surnaturels. Certains auraient senti une odeur de cuisine flotter dans l'air près de la cafétéria, d'autres auraient aperçu des spectres d'adultes ou d'enfants et auraient ressenti des sensations de présences. Parmi ces spectres, voilà la photo ci-dessous du fantôme d'un enfant (sans doute une petite fille).(Cliquez pour agrandir)

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Ou encore cette autre photo de fantôme, sur laquelle on voit une jeune femme, à la porte d'une des chambres. Suivit d'un petit agrandissement et de la photo du négatif, pour ceux qui croiraient à un trucage (le spectre apparaît bien lui-aussi sur le négatif):

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D'autres encore auraient perçu des voix provenant du "tunnel de la mort", ayant fait l'objet d'enregistrements. Sans parler du malaise et de la sensation très désagréable de tristesse, de solitude et de mort, qui s'y fait sentir. D'ailleurs, lors des repérages pour le tournage du film "Death tunnel" de Philip Adrian Booth, des photographies furent prisent, de la sortie du tunnel, située à l'extérieur. Sur l'une d'entre-elles, le fantôme de ce qui ressemble à une petite fille était visible. 
Mais ce n'est pas la seule équipe de tournage, qui vit des choses étranges. En 2008, lors du tournage d'un épisode de l'émission anglaise "Most Haunted" sur la propriété de Waverly Hills, l'équipe dit avoir été victime de divers phénomènes troublants au cours des vingt-quatre heures passées sur les lieux, des phénomènes identiques furent ressentis également par la suite par de nombreux visiteurs et curieux.
 
En conclusion, le sanatorium de Waverly Hills suscite encore aujourd'hui, bien des années après les faits qui s'y sont déroulés, un intérêt certain pour les amateurs de surnaturel. Alors qu'il était destiné à être un lieu de soin, et de venir en aide aux malades, il restera encore longtemps synonyme de souffrance et de mort.

Sources écrites:
Magazine Mad Movies n°174; www.paranormalencyclopedie.com.

Sources photographiques:
www.ohioghosthunter.com; www.texasparanormalresearch.com; www.bedfordparanormal.com;
www.missouriparanormalresearch.com.