ATTENTATS DU 11 SEPTEMBRE: LA CONTRE-ENQUÊTE (Partie 1)

Publié le par Scaramouche

Le rapport de la Commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre.

La commission instaurée le 27 novembre 2002 (par la loi 107-306, ratifiée par le président Bush) était constituée de 10 commissaires (faisant partie des "Membres de la commission") et de 75 membres, conseillers, consultants ou assistants (faisant partie du "Personnel de la commission"), ces derniers étant répartis en 8 équipes. Ils étaient normalement censé présenter une analyse objective des évènements, et apporter des réponses aux nombreuses questions. Le nom officielle de la commission d'enquête est: "Commission nationale sur les attaques terroristes contre les Etats-Unis". Cela n'est pas innocent. Cela a pour but de regrouper dans un même rapport officiel, un état des lieux, de nouvelles perspectives et une nouvelle politique, envers le terrorisme international. Et aussi de minimiser la place que peuvent prendre les investigations sur les attentats du 11 septembre (1).

Le budget au départ était de trois millions de dollars (2). La commission devait obligatoirement rendre son rapport le 27 mai 2004 (ce délai sera prolongé de deux mois, jusqu'au 26 août 2004).

Les objectifs de la commission (AL. 602) étaient:

1) Examiner et rendre compte des faits et causes concernant les attaques terroristes du 11 septembre 2001, qui ont eu lieu à New York, au World Trade Center, dans l'Etat de New York, dans le comté de Somerset en Pennsylvanie, et au Pentagone en Virginie;

2) D'établir, d'apprécier, et de rendre compte des preuves présentées par tous les organismes gouvernementaux concernés quant aux faits et circonstances qui ont entourés les attaques;

3) De se fonder sur les enquêtes d'autres entités et d'éviter les répétitions inutiles à travers l'examen des constatations, conclusions et recommandations:

A) De l'enquête conjointe de la Commission Sénatoriale des renseignements et de la Commission parlementaire permanente de la Chambre des représentants à propos des attaques terroristes du 11 septembre 2001 (désigné sous le terme, "d'Enquête Conjointe") et;

B) D'autres investigations menées par l'executif , le Congrès ou des commissions indépendantes à propos des attaques terroristes du 11 septembre 2001, d'autres attaques terroristes et du terrorisme en général;

4) De faire un compte rendu complet et exhaustif des circonstances ayant entouré les attaques, comme du niveau de préparation dont les Etats-Unis pouvaient se prévaloir par rapport à ces attaques et à la réponse immédiate à y apporter et;

5) D'enquêter et de rendre compte au Président et au Congrès de ses constatations, conclusions et recommandations quant aux mesures correctives qui pourraient être prises pour empêcher les actes de terrorisme.

 

En outre, les fonctions de la commission (AL. 604) étaient définis comme suit:

a) EN GENERAL - Les fonctions de la Commission sont - de mener une enquête qui -

A) Porte sur les faits et circonstances pertinents concernant les attaques du 11 septembre 2001 y compris les législations, décrets présidentiels, règlements, plans, politiques, pratiques et procédures qui s'y rapportent et;

B) Est susceptible d'inclure les faits et circonstances pertinents concernant - (I) les agences de renseignements; (II) les organismes judiciaires; (III) la diplomatie; (IV) les visas touristiques et d'immigration; (V) les flux de capitaux destiné aux organisations terroristes; (VI) le rôle de la surveillance du Congrès et de l'attribution de moyens et; (VII) d'autres domaines des secteurs public et privé que la Commission estimera pertinents pour les besoins de son enquête.

 

Donc, la Commission semblait avoir tous les moyens, pour "faire un compte rendu complet et exhaustif des circonstances ayant entouré les attaques" et de pouvoir établir "les faits et circonstances pertinents concernant les attaques". Et ce, après avoir mené des investigations dans de nombreux domaines et même pouvoir s'appuyer sur des enquêtes indépendantes. Mais, comme nous allons le voir, lorsque l'on se penche sur le rapport, on peut s'apercevoir que le travail de la Commission ne répond pas à son cahier des charges.

 

Les membres de la Commission: une absence d'indépendance et de nombreux conflits d'intérêts.

Les membres de la commission étaient si étroitement liés à l'administration Bush (qu'ils soient Démocrates ou Républicains), que si de tels personnages avaient composé une cour d'assise Américaine, la majorité auraient été récusé. Examinons le Curriculum Vitae de quelques-uns d'entre eux:

 

Thomas Kean - Président.

Thomas Kean est l'un des administrateurs (et actionnaire) de l'Amerada Hess Corporation, qui fait partie du joint-venture "Delta-Hess" (avec la Delta Oil d'Arabie Saoudite, qui appartient aux clans Al-Amoudi). Delta-Hess a été fondée en 1998 pour le développement de l'exploration pétrolifère de la région Caspienne et en Azerbaïdjan, dans les accords sur le partage de la production avec deux autres compagnies pétrolières. Delta-Hess détient aussi une part dans le capital de l'oléoduc Bakou-Tibilissi-Ceyhan. Le siège de la société est basé aux Îles Caïmans et la société refuse de s'étendre sur les contrats qu'elle a pu passer et la nature de ses activités (mais il semblerait que cette société a joué un rôle au sein du consortium UNOCAL - l'oléoduc transafghan - dans les négociations avec les talibans).
Kean est un ancien gouverneur du New-Jersey est aussi membre du CFR, "Council of Foreign Relation" (tout comme Nicholas Brady, membre du conseil d'administration de Amerada Hess, qui avait été aussi secrétaire du Trésor). Thomas Kean occupe le poste de directeur-adjoint du "Homeland Security Project" et a joué un rôle-clé dans les recommandations exprimées par la "American Century Foundation". (Henry Kissinger avait été préssenti pour être le président de la Commission. Mais il abandonnera quand le Congrès lui demandera de révéler ses accointances avec des organismes de l'administration fédéral ou privé).

 

Lee Hamilton - Vice-Présent.

Lee Hamilton a été nommé vice-président en remplacement de George Mitchell (membre du CFR), et qui refusera de révéler les éventuels conflits d'intérêts qui motivaient sa décision. Hamilton, membre du CFR depuis 1988 au moins, était président de la commission parlementaire des affaires étrangères et de celle des renseignements. En 1987, ce dernier avait été préssenti pour remplacer le précédent président Jim Wright, qui s'était retrouvé à la tête de la commission d'enquête sur l'affaire Iran-Contra, et qui avait été obligé de démissionner. A ce poste, Hamilton limitera les preuves à propos du trafic de drogue CIA-Contra, en limitant les dégâts durant les auditions. Il jouera aussi un rôle durant les négociations secrètes en 1980-81, entre le nouveau gouvernement Iranien et la CIA, pour retarder la libération des otages détenus depuis l'occupation de l'ambassade Américaine de Téhéran en 1979 (dans le but de retarder leur libération, qui aurait servi le président Jimmy Carter, qui était en pleine campagne électorale pour sa réélection à l'époque. Et leur libération aura lieu quand Reagan deviendra président, la veille de son investiture en 1981).
Malgré qu'il soit Démocrate (il sera représentant pour l'état de l'Indiana), il était connu comme étant une homme "de consensus", avec qui "on peut s'arranger". Chose que les Républicains n'oublieront pas.

 

Philip Zelikow - Directeur exécutif - (Personnel de la commission).

Beaucoup de gens se sont inquiété, lorsqu'il fût annoncé que seuls trois membres de la commission, dont Zelikow, seraient autorisés à voir certains documents présidentiels classifiés. Zelikow avait aussi des liens étroits avec Condoleezza Rice et d'autres hauts responsables de l'administration Bush. Il y aura même une requête des familles des victimes, pour demander de limiter les responsabilités de ce directeur exécutif (on voit la réputation dont il jouit auprès de la population). Les avocats des victimes jugeant que son habilitation et sa nomination à ce poste, soulevaient "de nouvelles questions quant au caractère impartial des enquêtes". De 2001 à 2003, Zelikow était membre du "Foreign Intelligence Advisory Board", "Conseil consultatif sur les renseignements étrangers", du président Bush. C'est dans le cadre de cette fonction, qu'on lui doit une déclaration en 2002, disant que l'engagement militaire Américain en Irak serait plus fondé sur la protection des intérêts Israéliens que sur une quelconque menace Irakienne. De plus, il avait conseiller l'administration Bush sur les questions de renseignements liés au terrorisme en 2000 et 2001, au sujet de Ben Laden et d'Al Qaïda (il aurait dû, être entendu comme témoin, plutôt que de faire partie de la commission).
Mais le plus important, c'est que la fonction de Directeur exécutif de Zelikow, lui permettait de choisir les priorités et d'orienter les enquêtes de la commission, comme il le voulait. Un groupe de soutien aux familles des victimes demandera même la démission immédiate de Zelikow et son témoignage sous serment. Malgré que de toutes parts la suspicion naitra de sa nomination au sein de la commission, Zelikow restera à son poste. Et en fait, c'est lui qui dirigera le travail de la commission, les pistes à suivre ou non, les personnes à interroger ou pas.

 

Jamie Gorelick.

Jamie Gorelick est considérée comme étant l'une des cinquante femmes les plus puissantes des Etats-Unis. Elle est actuellement vice-présidente de Fannie Mae, gérant de l'emprunt-logement et des assurances. De mars 1994 à mai 1997, elle a été "Attorney Général adjointe", "vice-ministre de la justice". Elle jouera un rôle dans la création en 1995 du "Intelligence Community Law Enforcement Policy Board", "Comité chargé de la politique juridique de la communauté du renseignement". Mis en place pour évoquer régulièrement les préoccupations entre l'Attorney général et le DCI, la direction centrale du renseignement. Et c'est au même moment que le gouvernement Philippin informera le FBI, la CIA et le Departement d'Etat, sur un complot terroriste islamiste, consistant à détourner des avions de lignes pour les précipiter sur le Pentagone, les tours du WTC et plusieurs autres bâtiments. Elle sera accusée d'avoir une certaine responsabilité personnelle dans les attaques du 11 septembre, car elle devait connaître ses informations et on lui reprochera de ne pas les avoir révélées. Elle sera l'une des trois personnes, à qui on permettra de voir des documents présidentiels classifiés. Elle fera partie du conseil d'administration de l'entreprise pétrolière Schlumberger (la première entreprise de forages pétroliers au monde. Comme l'a dit un expert: "Dès que l'on fore un puit ou que l'on extraie du pétrole, Schlumberger est là à chaque fois"). Elle se compose exactement de deux sociétés: Schlumberger et WesternGeco (cette dernière est la première société au monde de sismique marine). Il faut préciser que Gorelick est censée être Démocrate. Elle aussi membre du CFR. 

 

Richard Ben-Veniste.

Richard Ben-Veniste est un des avocats les plus en vue de Washington est quelqu'un de très connu dans le parti Démocrate. Il sera l'un des procureurs spéciaux de l'enquête sénatoriale sur l'affaire Whitewatter, au cour de laquelle il bloquera des enquêtes sur des sociétés appartenant à Truman Arnold (ensuite il se trouvera à devenir son défenseur dans la même affaire, alors qu'il devait normalement enquêter sur lui). Et, chose extrêmement suspecte, le Arnold en question, fournira un avion de deux millions de dollars à son ami Wally Hillard, pour la somme de un million de dollars. Hillard était le propriétaire de l'école de pilotage de Venice en Floride, où s'étaient formés quatre des terroristes, qui feront partie des pirates de l'air du 11 septembre.
Et un autre des clients de Ben-Veniste sera Barry Seal, un agent de la CIA, participant au trafic de drogue Iran-Contra, pour le compte de l'agence de renseignement. Ben-Veniste fera une déclaration au Wall Street Journal en disant, en parlant de Seal: "J'étais parmi ceux qui l'ont poussé dans les bras du vice-président Bush, qui en a profité pour en faire un agent clandestin".

 

Fred Fielding.

Fred Fielding a lui aussi beaucoup fréquenté les sphères du côté Républicain. Dans l'administration Nixon, il était conseiller adjoint sous la direction de John Dean. Il sera impliqué avec Dean dans le scandale du Watergate. Au contraire des vingt autres assistants de Nixon qui se retrouveront dérrière les barreaux, Fielding ne sera pas condamné. Il sera ensuite conseiller à la Maison Blanche sous Reagan. Et il a aussi fait partie de l'équipe de transition de Bush, début 2001.

 

Jim Thompson.

Jim Thompson a été plusieurs fois gouverneur de l'état de l'Illinois et il est maintenant directeur d'un important cabinet d'avocats ("Winston and Strawn" de Chicago). Il a défendu le gouverneur Ryan, attaqué par l'Attorney Général George Ryan (un homonyme), qui l'accusé d'avoir grâcié des condannés à mort. Il a subit des accusations de 26 années de corruption et de mauvaise gestion Républicaine, de la part du candidat Rod Blagojevich, qui gagnera les élections face au gouverneur Ryan. Etrangement, ce sera à Thompson, que Blagojevich confiera la direction de son équipe de transition au poste de gouverneur.

 

John Lehman.

John Lehman est un banquier d'affaire, qui a occupé plusieurs postes gouvernementaux. Il a été conseiller spécial et membre spécial de l'état-major auprès de Henry Kissinger au sein du "National Security Council" sous Nixon et sera Secrétaire à la marine de 1981 à 1987 sous Reagan. Il est actuellement membre de plusieurs conseils d'administration, dont "Ball Corporation" et celui de sa propre entreprise "J.F. Lehman & Company". C'est un ancien pilote de l'aéronavale.

 

Slade Gordon.

Slade Gordon est un ancien Sénateur de l'état de Washington. Il a quitté la vie politique pour entrer dans le cabinet d'avocats "Preston, Gates & Ellis" de Seattle, qui est spécialisé dans les quetions d'environnement. Il a déclaré aux spactateurs d'une chaine publique de télévision, deux jours après les attaques du 11 septembre, que les responsables gouvernementaux des renseignements n'auraient rien pu faire pour contrecarrer celles-ci. Il sera même citer dans le "Times", disant: "Je doute qu'on puisse de toute façon s'attendre à obtenir grand chose en matière d'informations internes". Gordon avait été pendant deux ans, membre de la commission sénatoriale des renseignements.

 

Tim Roemer.

Tim Roemer est un élu Démocrate en fin de carrière qui a pris définitivement sa retraite du Congrès, fin 2004. Il avait été l'un des premiers à réclamer une commission d'enquête indépendante. Il est également membre de la commission parlementaire des renseignements.

 

Max Cleland.

Max Cleland est un ancien sénateur de Georgie, qui a été gravement bléssé au Vietnam (volontaire en 1967, il perdra la main droite et ses deux jambes au cours du siège de Khe Shan). A 28 ans, il sera le plus jeune à entrer au Sénat de Géorgie et il sera nommé directeur de l'Administartion chargé des Vétérans, par Jimmy Carter en 1977. En 1982 il deviendra secrétaire d'état de l'état de Georgie, pour démissionner en 1996 et devenir sénateur des Etats-Unis en 1997. Démocrate, il sera beaucoup critiqué dans son parti, car il votera toutes les lois voulu par Bush (dont celle qui donnait à Bush le droit de faire la guerre en Irak). Mais il fera de nombreuses critiques à l'ncontre de la Commision, dénonçant des "tentatives voilées" de mener la Commission en bateau. Surtout concernant les fameux documents classifiés, auxquels seulement quelques membres auront accès. Il dira aussi que c'est "une Commission qui devrait être indépendante et qui ne devrait pas faire de compromis avec qui que ce soit". Et sur l'administartion Bush, "leur objectif était en outre la guerre en Irak; et un des arguments qui leur a servi de base, c'est qu'il y avait un lien direct entre Al Qaïda et le 11 septembre et Saddam Hussein. Il n'y en avait pas". Dégoûté par l'attitude de l'administartion Bush et du manque de réels moyens d'investigations de la Commission, il démissionnera de la Commission en novembre 2003 et sera remplacé par Bob Kerrey. Il acceptera par la suite un poste de membre au conseil d'administration de "Export-Import Bank", de la part du président Bush. Etait-ce pour l'influencer et limiter les choses qu'il pourrait raconter, que le président a accepté (sur proposition de plusieurs sénateurs) de lui proposer un fauteuil au conseil d'administration d'une banque ? Toujours est-il que le membre le plus dérangeant pour la Commission, celui qui parlait le plus, n'était plus là.

 

Bob Kerrey.

Bob Kerrey, donc arrivé en cour de route pour remplacer Cleland, était paradoxalement celui qui montrait le plus de conflits d'intérêts. Ancien sénateur Démocrate, il était connu pour être un "vétéran de la dissimulation politique". Il avait été pour la nomination de Tenet, comme directeur de la CIA, un an avant sa nomination, il présidait le "Comité pour la libération de l'Irak", qui militait pour une invasion du pays. Ce groupe était en fait une antenne du "Project for New American Century", un groupe de réflexion Républicain. Il avait depuis 1998, était l'un de ceux qui avait proposé une guerre contre l'Irak et faisait la promotion du "Irak Liberation Act", qui mettait en place des liens avec le Congrès National Irakien. Et en septembre 2003, il fera un commentaire dans les colonnes du Wall Street journal, dans lequel il essayait de reprendre les tentatives de l'administration Bush, pour justifier la guerre en reliant l'Irak aux attentats du 11 septembre.

 

Pour les autres collaborateurs, on relève aussi des conflits d'intérêts évidents. Des soixante-quinze membres du personnel de la commission, neuf ont travaillé pour le Département de la Jusitice; six pour la CIA; six autres étaient des anciens du FBI; quatre avaient travaillés à la Maison Blanche; trois au Département d'Etat; et cinq autre au Pentagone. 

Les dix membres de la Commission (Kean, Hamilton, Ben-Veniste, Kerrey, Fielding, Lehman, Gorelick, Roemer, Gorton et Thompson) seront les signataires du rapport final.

 

Le travail de la Commission.

Le travail de la Commission se fera bel et bien sous les hospices du directeur exécutif Zelikow. L'un des membres de la Commission, Paul Sperry, dira au sujet de Zelikow: "il a plus d'influence sur la Commission que n'importe quel membre, y compris le président. Zelikow choisit les domaines d'enquête, les éléments d'appuit des exposés, le sujet des auditions, les témoins et les axes d'interrogatoire des témoins. En fait, il définit les ordres du jour et oriente les enquêtes". Et un autre membre, Philp Shenon, dans son livre "The Commision", sera même encore plus accusateur: Il a "plus que personne, contrôlé le contenu du rapport final". Et que Zelikow avait une équipe, chargée de réviser les chapitres du rapport. "Zelikow a réécrit quasiment tout ce qui lui avait été transmis, en général de la première à la dernière phrase".

Le choix de Zelikow est encore plus troublant, lorque l'on sait que celui-ci publia en 1998, un essai co-écrit avec John Deutch, directeur de la CIA de 1996 à 1997. Dans ce livre, titré "Catastrophic Terrorism: Tackling the New Danger", on trouve le passage suivant: "Si la bombe qui a éxplosée en 1993 sous le WTC avait été un engin nucléaire,... L'horreur et le chaos qui en auraient résulté auraient été proprement indectriptible. Un tel acte de terrorisme de catastrophe serait un point de non-retour dans l'histoire des Etats-Unis... Comme Pearl Harbor, cet évènement diviserait notre histoire entre un avant et un après. Les Etats-Unis pourraient répondre par des mesures draconiennes, en limitant les libertés individuelles, en autorisant une surveillance plus étroite des citoyens, l'arrestation des suspects, et l'emploi de la force létale" (pages 80-94).

La commission s'appuiera d'abord en majorité pour son travail, sur le rapport parlementaire mixte sur les activités du renseignement sur le 11 septembre. Ce rapport aura une diffusion publique en juillet 2003, mais après avoir subit une censure de plusieurs passages la part de la CIA et de la NSA et de 28 pages par la présidence, concernant l'Arabie Saoudite (Bush refusera de déclassifié cette partie du rapport). Mais les membres de la commission "accrédité", auront le droit de voir le rapport non censuré.

Il y aura des retards dans l'attribution des accréditations pour les commissaires, qui avaient été autorisés à voir des documents classifiés. Max Cleland dira: "Il est évident que la Maison Blanche joue la montre... Nous sommes toujours en négociation avec un fonctionnaire du conseil de la Maison Blanche afin d'obtenir ces documents. C'est révoltant".

Certains éléments indispensables pour comprendre certaines choses, comme par exemple l'écroulement des tours jumelles - avec une demande de la commission de mettre de côté quelques poutrelles d'acier pour expertise - sera purement et simplement ignorée par le FBI. 

Plus de mille personnes seront interrogées (160 auditionnées devant la commission auront leur témoignage dans le rapport). Mais de nombreux témoins clés, ne seront jamais entendu. Et il y aura des rétissences de la part de la Maison Blanche à ce que des représentants de l'administration Bush témoignent, particulièrement sous serment. De plus, les témoignages ne figurent pas dans le rapport final qui sera publié, même si ils en font bien partie, que ce soit dans l'édition originale ou dans les éditions en langues étrangères (3). 

Des rapports indépendants (surtout concernant l'effondrement des tours), auxquels la commission avait le droit de faire référence et se reporter, ne seront jamais mentionné, ni même étudié. Alors que plusieurs d'entres-eux, auraient permis d'obtenir certaines réponses, la commission fera bel et bien comme si ils n'existaient pas.

Pour avoir la version officielle que l'on souhaite, il n'y a en fait qu'a bien choisir les membres qui composeront la Commission d'enquête. Et de ne pas lui donner tous les moyens de bien faire son travail.

 

Entre 2001 et 2004, les Américains en auront plus apprit par leur télévision et par Internet, qu'en lisant le rapport de la Commission d'enquête.

Ce sera bien là le manque flagrant de crédibilité de la "version officielle", présentée dans le rapport, et qui devait selon l'administration Bush, "tout expliquer". Loin d'apporter des réponses à leurs questions, le résultat du rapport final donnera encore moins d'informations, que n'en avait donné (et en donneront encore par la suite) de nombreux médias Américains (et aussi étrangers). Vingt huit pour cent des Américains ne croient pas en la version officielle, et ce n'est pas pour rien.

 

Quand le rapport nous prouve que la "version officielle", est contraire à la réalité des évènements.

Il ne faut pas s'étonner que le rapport final de la Commission, ne nous dise pas toute la vérité. Puisqu'une "version officielle" était bien prévue, quelques jours après les attentats, comme on peut le lire dans les retranscriptions de la 12ème Audition, pages 53-54 (documents ci-dessous). Quand le commissaire Bob Kerrey interroge le général Eberhart (commandant en chef du NORAD) en juin 2004, il posera aussi une question au général Arnold (commandant du NORAD, pour la région continentale des Etats-Unis) et parlera du général Myers (alors chef de l'état-major inter-armes et ancien commandant du NORAD). Kerrey aura dans la formulation de sa question, une phrase qui va beaucoup plus loin que le simple "lapsus révélateur":

Bob Kerrey: "...Il y a eu une réunion à la Maison Blanche le 17 septembre et il semble que quelque chose ce soit passé au cours de cette réunion qui ait amené à concevoir comme presque indispensable la nécessité de donner une version des incidents de ce jour-là totalement différente de la réalité...".
Plus loin, Kerrey demandera: "Qui a été informé de la réunion à la Maison Blanche du 17 septembre ? - Je présume que vous n'avez pas participé à cette réunion ?". Eberhart répondra: "Monsieur, je ne sais pas. Je ne faisais pas partie de cette réunion. J'ai été -  le 17 septembre, nous étions encore plus ou moins cantonné au silence".

MR. Kerrey: "Oui, je pense que le général Myers a été celui qui en été informé. Malheureusement, il est parti, donc je ne peux pas lui poser la question de ce qui s'est passé durant cette réunion" (on peut se demander pourquoi il ne lui a pas posé la question quand il était encore là).
Kerrey demandera alors au général Arnold, encore présent: "Général Arnold, êtes-vous - Je présume que vous ne vous y êtes pas joint et que vous ne faisiez pas partie de cette réunion ?". Le général ne répondra pas à la question et changera de sujet en se mettant à parler du rôle de la FAA.

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Difficile d'être plus explicite, sur le fait qu'une "version offcielle" était prévue à l'avance pour satisfaire la population et l'opinion publique Américaine, et que celle-ci est visiblement fausse. Mais comme nous le verrons par la suite, ce n'est pas le seul élément dans le rapport, qui apporte des indications, invalidant la version officielle avancée par la commission.

Pour consulter le rapport, sur le site de la commission, cliquez sur le lien link

 

(1) Dans le rapport, l'explication officielle des attentats, au sujet des détournements proprement-dits, ne représente que 49 pages seulement, sur les 567 pages du rapport.

(2) Les fonds proviendront du "National Foreign Intelligence Program" et il sera bien précisé dans la loi, qu'ils ne devraient pas éxcéder trois millions de dollars. Il y aura une demande de rallonge de budget de huit millions de la part de la commission, qui sera accordée par le Congrès, puis encore une autre de un million. Ce qui portera le budget total à quinze millions. En comparaison, le budget total de la commission d'enquête sur l'explosion de la navette spatiale Challenger en 1986, avait été de cinquante neuf millions.

(3) Il faut savoir que les témoignages, font partie du rapport final, mais que la retranscription des auditions ne bénificiera pas d'une édition papier. Elles seront relayées sur le site de la commission (www.9-11commission.gov). Les notes de bas de pages et les appendices figurent uniquement dans l'édition originale Américaine, mais sont visibles sur le site.

Sources:
"11 septembre - Rapport de la Commission d'enquête - Rapport final de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les Etats-Unis", (édition Française), Editions des Equateurs;
"Omissions et manipulations de la commission d'enquête sur le 11 septembre", par David Ray Griffin, Editions Demi Lune (Collection Résistance);
www.9-11commission.gov.