ATTENTATS DU 11 SEPTEMBRE: LA CONTRE-ENQUÊTE (Partie 40)

Publié le par Scaramouche

Ceux qui n'étaient pas à leur poste le 11 septembre 2001.

Il y a une chose dont on parle peu, mais qui a dû contribuer à la réussite des attentats. Ce sont les personnes ayant de grandes responsabilités dans l'appareil d'état et l'armée, liées par leurs fonctions à la sécurité du pays, qui pour diverses raisons, n'étaient pas à leur poste le 11 septembre. Et on peut alors se demander si les choses n'auraient pas pris une autre tournure, si ces responsables avaient été à leurs postes et si leurs décisions ce jour-là n'auraient pas influées sur les évènements et peut-être empêché les attentats. (La liste est non exhaustive).

 

Concernant le personnel militaire et celui de l'Administration Bush.

- Le général Henry Shelton, le président du comité des chefs d'état-major du Joint Chiefs of Staff, l'état major interarmes:
Le matin du 11 septembre il s'envolait pour l'Europe pour assister à une réunion du Comité militaire de l'OTAN à Budapest en Hongrie, prévu le lendemain, pour discuter de la situation dans les Balkans. Et sur le chemin du retour, il devait faire escale à Londres, au Royaume-Uni, pour y être anobli par la reine. Normalement, il devait prendre un Boeing 757 VIP souvent utilisé par le vice-président, mais cet avion était alors indisponible, alors il prend place dans C-135, qui est habituellement réservé au chef d'état-major de l'Armée de l'Air. C'est donc son adjoint le général Richard "Dick" Myers, vice-président du Joint Chiefs of Staff, qui deviendra alors selon le règlement, président par intérim 
du comité des chefs d'état-major, en l'absence de Shelton. Après avoir appris les attentats de New York, Shelton donnera l'ordre de rentrer aux États-UnisCependant, il n'arrivera qu'au National Military Command Center au Pentagone, que très tard dans l'après-midi, vers 17h40.

 

Richard "Dick" Myers, vice-président du Joint Chiefs of Staff, en l'absence de Shelton:
La version officielle indique que lui aussi n'était pas non plus à son poste, suite aux attaques. Au moment de la première frappe, il aurait été au Capitole où il avait rendez-vous avec le sénateur Max Cleland. En attendant son entrevue, il a vu sur l'écran de télévision dans le couloir, l'annonce de la frappe du premier avion. Malgré cela, il restera au Capitole pour son entretien. Et d'après ses dires, n'ayant pas été mis au courant du crash du second avion, ce n'est qu'à la suite de l'explosion au Pentagone, qu'il quittera le bureau de Cleland, pour se rendre au Pentagone où il serait arrivé peu avant 10h00. Donc officiellement, Myers n'est pas à son poste avant 10h00.
Mais le conseiller à l'antiterrosime Richard Clarke, dans son livre "Contre tous nos ennemis", racontera que, lorsqu'il rejoint la téléconférence de la Maison Blanche à 9h10, alors qu'à ce moment elle a déjà commencée, il voit Myers sur les écrans, qui se trouve à la téléconférence au Pentagone:

"Lorsque je suis entré au centre de visioconférence,... j'air vu des gens qui se précipitaient vers différents studio: Donald Rumsfeld à la Défense et George Tenet à la CIA... Le général quatre étoiles Dick Myers assurait l'intérim du président du comité des Chefs d'états-major Hugh Shelton...".

Clarke assistera à une conversation entre Myers et l'administratrice de la FAA Jane Garvey, et Clarke aura peu avant 9h28 cette échange avec Myers:

Clarke: "Je présume que le NORAD a fait décoller des chasseurs et des AWACS. Combien ? Et où sont-ils ?".

Myers: "Ce n'est pas beau à voir Dick... Nous sommes en plein Vigilant Warrior, un exercice du NORAD, mais... Otis a fait décoller deux chasseurs en direction de New York. En ce moment, Langley essaie d'en envoyer deux".

Clarke: "D'accord, combien de temps pour une CAP sur Washington ?" ("CAP", patrouille aérienne de combat", NdT).

Myers: "On fait au mieux. 15 minutes ?" répond Myers après avoir interrogé du regard les généraux et les colonels qui l'entourent. Il est alors 9h28".

Donc le général Myers était bien au Pentagone, au plus tard à partir de 9h10, mais la Commission voudra faire croire le contraire. La Commission d'enquête aura certainement voulu écarter la responsabilité de Myers dans la mauvaise riposte aux attentats, pour minimiser la "défaillance" des militaires.

 

- Le général John Jumper, chef du personnel de l'US Air Force:
Il a été nommé à ce poste cinq jours plus tôt. Le matin du 11 septembre au moment de la première frappe, il participe à une réunion dans les sous-sols du Pentagone. Cette dernière réunit aussi Lance Lord, et James de la Roche, respectivement vice-chef d'état-major de l'USAF et secrétaire de l'USAF. On les informe vers 9h00 qu'un avion s'est écrasé sur le WTC, et les participants à la réunion assisteront au crash du second avion. Officiellement, ils mettent immédiatement en place une équipe de l'Air Force pour une situation de crise (une CAT, "Crise Action Team"). Mais le livre du Département de la défense sur l'attaque au Pentagone, dira que "Après avoir visionné les nouvelles télévisées pendant environ huit minutes, Jumper reprend sa séance. Il conclut rapidement la réunion, puis part pour son bureau". Mais Jumper et Roche n'arriveront au centre d'opération du personnel de l'Air Force au Pentagone, où se passe la CAT, qu'après 9h37, à cette heure le Pentagone est déjà touché. 

 

- Le Vice Amiral Scott Fry, responsable de la gestion du NMCC, "National Military Command Center" (NMCC) au Pentagone:
Ce jour-là, il a un rendez-vous chez le dentiste à 9h00 du matin, et doit se rendre ensuite pour l'Italie où il doit prendre un nouveau commandement au sein de l'OTAN. Alors qu'il s'apprête à quitter son bureau, son adjoint l'informe de la première frappe sur le WTC et lui montre les images qui sont diffusées à la télévision. Au lieu de se rendre directement au NMCC, comme il devrait le faire, il se rend à son rendez-vous au cabinet du dentiste dans la clinique qui se trouve au Pentagone. Son adjoint l'appellera sur son portable au moment de la frappe du second avion, donc à 9h03. Il part et rejoins enfin le NMCC. Qu'il quittera pour le ESC, "Executive Support Center
", où se tient une téléconférence qui les reliera à la Maison Blanche et aux autres organismes. C'est là qu'il discutera de ce qui est en train de se produire avec le secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld. Il faut savoir que c'est Fly qui signera la nouvelle directive sur la réaction et le traitement des demandes d'interventions aériennes militaires de la part de l'aviation civile, qui sera appliquée à partir du 1er juin 2001 (1).

 

- Le Brigadier Général Montague Winfield, directeur adjoint des opérations, du National Military Command Center (NMCC) au Pentagone:
La veille du 11 septembre, il demandera à son adjoint le capitaine de vaisseau Liedig, de le remplacer à son poste le lendemain. Winfield quitte son poste au matin du 11 septembre à 8h30 pour assister à une réunion de l'Air Force qui se tient à huis clos et se fait remplacer par Liedig comme prévu. Il ne retournera à son poste que peu après 10 heures.

Leidig n'a rejoint la direction des opérations qu'en juillet 2001, quand il a assumé les fonctions d'adjoint pour les opérations du Centre de commandement National. Il est qualifié pour remplacer Winfield à la tête du centre des opérations, mais ce n'est pas son rôle habituel. Normalement il est responsable de l'exploitation et de la formation des équipes de veille pour le NMCC. Il a été qualifié pour tenir la tête du NMCC seulement un mois auparavant en août 2001. C'est lui qui sera responsable de la convocation d'une téléconférence pour événement majeur, à partir de 9h29, où où la conférence deviendra pour "menace aérienne". Malgré qu'il soit informé des attentats, Winfield restera à sa réunion, au lieu de reprendre ses fonctions. Mais lors d'entretiens ultérieurs pour les chaines de télévision, Winfield laissera penser qu'il est resté en charge du NMCC tout au long des attentats, alors que c'est son adjoint - forcément moins expérimenté - qui devra seul faire face aux évènements (Mémorandum "pour les archives" de la Commission classé "secret" - des passages sont censurés - lien, link).

 

- Le Colonel Brian Meenan, directeur de l'ATSC, "Air traffic Services Cell":
Il ne se trouvait pas dans les locaux de cette cellule, abritée dans le Centre de Commandement de la FAA à Hendron, en Virginie. Le 
rôle de l'ATSC est important parce c'est elle qui se charge de la liaison entre l'aviation civile et les militaires au niveau de tout ce qui concerne le traffic aérien. Mais son rôle important sera totalement occulté dans le rapport de la Commission. Et la liaison et les échanges d'informations seront bien l'un des points cruciaux, au sujet des "défaillances", qui feront que les attentats ne pourront être éviter (2).

 

- Le président Bush: Il n'est pas à Washington quand les attentats se produiront, puisqu'il visite l'école élémentaire Emma Booker à Saratosa, en Floride. Et il restera sous les caméras, depuis la salle de classe, puis durant le trajet du cortège jusqu'à l'aéroport de Saratosa et ensuite jusqu'à sa montée dans Air Force One. 
 

- Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld: Il se trouve bien dans son bureau au Pentagone le matin du 11 septembre et ensuite dans la salle de visioconférence, après 9h03, suite à la frappe du second avion. Mais après l'explosion au Pentagone, Rumsfeld quittera le bâtiment. D'après ses dires, pour se rendre compte des dégâts et d'après le rapport de la Commission, pour aider les secours. Que l'on se base sur l'heure exacte de l'explosion (9h32) ou bien l'heure officielle (9h38), toujours est-il qu'il n'était plus à son poste pendant près d'une vingtaine de minutes au minimum. Les rapports sur l'heure de son retour dans les locaux sont contradictoires. Les uns donnant vers 10h00 et d'autre vers 10h20. Ce qui fait que le Secrétaire à la Défense, juste après l'attentat sur le Pentagone, ne peut, ni donner des ordres aux militaires, ni en recevoir du président, ni du vice-président. La question se pose, pourquoi décider de quitter son poste en un moment aussi crucial ? 
 

- Le capitaine Deborah Loewer, Directrice du "Presidential Emergency Opération Center", le PC de crise de la Maison Blanche:
Elle n'est pas à la Maison Blanche, ni à Washington. Elle accompagne le président Bush durant son déplacement à l'école de Saratosa en Floride. Et elle ne rentrera pas à Washington, puisqu'elle restera avec le président dans Air Force One, durant tout le reste de la matinée et de l'après-midi.

 

- Le secrétaire d'état Colin Powell:
Il est en voyage à Lima au Pérou. Il était alors remplacé par le secrétaire d'état-adjoint, Richard Armitage. Il reviendra aux Etats-Unis dans la soirée.

 

- Le directeur du "WFO", "Washington Field Office", le Bureau local du FBI de Washington, Van Harp:
Il a été nommé à ce poste en juillet 2001. Il n'est pas à Washington, mais en vacances à Hilton Head en Caroline du Sud. Et deux autres directeurs ("Special Agent Command") du bureau local sont aussi absents:

- Ellen Knowlton, qui dirigeait la division des enquêtes criminelles a récemment été réaféctée au siège du FBI et n'a pas encore été remplacée; 

- Timothy Bereznay a été récemment nommé à la tête de la division de la sécurité nationale, et cela n'avait pas encore été communiqué au WFO.

Seul le directeur Arthur Eberhart, chef de la division administrative et technique, était présent au bureau quand les attentats ont eu lieu.
 

- Le directeur de la FEMA Joe Allbaught: Il fait une conférence dans le Montana.
 

- L'équipe de l'OEM de la Mairie et de l'autorité portuaire de New York:
Comme nous l'avons vu précédemment, dès que le WTC est touché, ceux qui sont dans le WTC n°7 quitteront le bâtiment et les responsables tout comme le reste du personnel ne mettront jamais les pieds au centre de commandement au 23ème étage du bâtiment n°7, durant tout le temps des attentats (3).

 

Concernant les civils qui n'étaient pas non plus où ils auraient dû être.

- Laura Bush, la femme du président Bush:
Laura Bush devait comparaître devant le Comité sénatorial pour la santé, l'éducation, du travail et des pensions, pour y plaider un financement fédéral supplémentaire pour l'éducation des jeunes enfants (CNN du 12 septembre 2001, lien, link). Son arrivée au bâtiment "Russell Senate Office", situé juste au nord du Capitole, était prévu à 9h15 du matin et elle devait commencer son intervention à 10h00 (USA Today du 10 septembre 2001, lien, link).

Un agent du Secret Service informera la "première dame" du premier crash et les membres de la Maison-Blanche, qui devaient se rendrent au Capitole avec Laura Bush ont regardés la couverture médiatique de ce qui se produisait à New York à la télévision. 

Cependant, d'après Gary Walters, l'huissier en chef de la Maison Blanche, quand il l'accompagne à 8h55 jusqu'à sa voiture, elle ne semble pas être au courant de ce qui s'est passé. C'est alors qu'elle est sur le point d'entrer dans sa limousine, que l'agent du Secret Service Sprinkle Ron, lui murmure à l'oreille qu'il vient d'être informé qu'un avion a frappé le World Trade Center. Laura Bush s'interroge sur ce qui aurait pu se passer avec Andi Ball son chef de cabinet et Margaret Spelling, conseiller à la Maison Blanche pour la politique intérieure. La femme du président ne pense pas qu'il s'agit d'un attentat terroriste, que c'est juste "un accident bizarre". Mais elle dira par la suite qu'on lui a raconté la première frappe, "quelques minutes après 9h00".

Le cortège présidentiel et son escorte quitte la Maison Blanche à 9h07, en prend la direction du Capitole. C'est en chemin qu'ils apprendront le second crash sur le WTC (entre 9h10 et 9h14), l'intervention au Sénat sera alors annulée et le Secret Service prendra la décision de mettre Laura Bush en sureté.

Cet épisode pourrait paraitre sans importance. Mais quand on sait maintenant que le Vol 93 (ou plus exactement le Boeing téléguidé qui devait en tenir lieu), devait s'écraser sur le Capitole, il y a fort à parier, que si le Capitole avait été touché le 11 septembre, la version officielle aurait alors dit que les terroristes voulaient viser l'endroit où se trouvait alors la femme du président. Ce qui aurait expliqué pourquoi le Capitole aurait été pris pour cible.
Autre chose conforterait cette hypothèse. C'est que le Vol 93 ne décollera pas à l'heure prévu, mais sera retardé de 41 minutes. Avec la durée de tout le trajet du Vol 93, selon la version officielle, entre le décollage et ce qui devait être son arrivée au-dessus de Washington vers 10h25-10h30, cela donne un vol de 1h45 environ. Et si le Vol 93 avait décollé à l'heure, il serait donc arrivé sur Washington aux alentours de 9h45. A cette heure Laura Bush devait normalement déjà se trouver au Capitole depuis près d'une demi-heure (même si dans les faits, elle ne s'y rendra pas, à cause des frappes à New York).

 

Jim Pierce, un cousin du président Bush, directeur général de la Société AON Corporation, une compagnie d'assurance qui avait des bureaux dans le WTC n° 2, la tour Sud (aux étages 92, 99 et 100):
Il avait organisé une conférence sur les milieux d'affaires, qui devait se tenir au 102ème étage de la tour le 11 septembre. Cependant, la nuit précédente, le lieu de la réunion avait été déplacé, pour se tenir à l'Hôtel Millennium. Sous prétexte que le nombre de participants était trop grand pour le local initialement prévu. Mais selon un livre de Barbara Bush (la mère de George W. Bush et épouse de George Bush), Pierce apprendra plus tard que, malgré tout, douze personnes se sont bien rendu dans la salle où la réunion devait initialement avoir lieu, lorsque la tour sud est touché, et un seul d'entre eux à survecu (Newsweek du 27 octobre 2003, lien, link). 
Une autre réunion de AON Corporation se déroulait au 105ème étage de la tour sud. Réunissant environ cinquante participants présents, seuls six seront en mesure de s'échapper du WTC (New York Times du 17 décembre 2001, lien, link). 

 

- Larry Silverstein, le tout nouveau propriétaire du WTC (il a signé le bail pour le complexe du WTC moins de deux mois auparavant): 
Le matin du 11 septembre, il était censé travailler dans les bureaux temporaires de son entreprise, Silverstein Properties, situés au 88ème étage de la tour nord du WTC. 
Toutefois, d'après ses dires, dans son appartement de Park Avenue, son épouse l'aurait dissuadée de ne pas annuler un rendez-vous avec son dermatologue, au lieu de se rendre dans ses bureaux comme prévu (New York Observer du 17 mars 2003, New York Magazine du 18 avril 2005). Les deux enfants de Silverstein, son fils Roger et sa fille Lisa, travaillaient tous les deux dans l'entreprise de leur père et assistaient régulièrement à des réunions au WTC. Pourtant ce matin-là, ils seront en retard et ne seront pas non plus dans la tour Nord au moment du crash (New York Observer du 17 mars 2003). 

 

(1) Pour plus d'informations, voir "Attentats du 11 septembre: La contre-enquête (Partie 29).

(2) Pour plus d'informations, voir "Attentats du 11 septembre: La contre-enquête (Partie 39).

(3) Pour plus d'informations, voir "Attentats du 11 septembre: La contre-enquête (Partie 34).

 

Sources:
"11 septembre - Rapport de la Commission d'enquête - Rapport final de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les Etats-Unis", (édition Française), Editions des Equateurs; 

www.commission9-11.gov;
www.historycommons.org;
www.govinfo.library.unt.edu.